" Le sanglot de l' Homme Noir" De Alain Mabanckou ( Editions Fayard)
Un livre que j'aime beaucoup !
" Le sanglot de l' Homme Noir" De Alain Mabanckou ( Editions Fayard)
Un livre que j'aime beaucoup !
Suite N° 11
Le 31 10 2008
Depuis hier, des pluies diluviennes ! La t° n’est plus que de 28° ça fait du bien mais ça compromet les projets pour ce début de vacances : les rues de Djibouti sont inondées il faudrait des bottes mais ici on ne connaît pas. Pour me rendre au collège hier , un chauffeur de taxi, âgé , m’a gentiment proposé de m’emmener , gratis …ça c’est aussi Djibouti , une gentillesse et une générosité étonnante malgré la misère . Il faut cependant savoir se méfier car le tempérament somali est parfois « retors » je le mesure tous les jours avec mes élèves ; le mensonge est un jeu, les excuses faciles mais les promesses ?? tout est calculé, rien n’est vraiment gratuit, sauf ce respect dû au bénéfice de l’âge.
Donc pluies diluviennes et odeurs pestilentielles, rien n’est prévu ici pour l’évacuation de l’eau, l'assainissement : la boue, des eaux boueuses qui stagnent véhiculant les ordures de toute sorte car il faut savoir qu’on balaie beaucoup à Djibouti, les femmes surtout avec le balai de palmes mais on ne ramasse pas les ordures ! on pousse ! un peu plus loin. Il paraît que dans le quartier dit « populaire » les gens sont sortis sous la pluie et ont fait la fête. J’ai demandé si on en profitait pour récupérer de l’eau douce( moi j'ai sorti des bassines) mais….. NON, on danse ! Coups de tonnerre, ciel noir, mer grise , les bougainvilliers aux grappes fleuries ploient sous la pluie, pl, pl, pl, …. et s’inclinent devant ce don du ciel qui fait sortir en une heure de superbes fleurs qui disparaissent hélas !aussi vite .Depuis 3 ans qu'on attendait la pluie ...la joie s'exprime par des comportements explosifsqui jaillissent de partout . L'eau a failli inonder nos habitations ; impossible d'utiliser la salle à manger ni la cuisine . C'est la danse des balais pour repousser 20 cms d'eau au moins .... tout le monde s'y met !Les nuits sont difficiles mais le vent rafraîchit un peu l'atmosphère .
Hier soir nous avons quand même pu assister, pendant l’accalmie, à un concert de musiques actuelles de bonne qualité, en plein air au centre culturel : des groupes de musique congolaise, malgache, djiboutienne, même du flamenco….ça déménage ! et j’ai trépigné sur ma chaise car hélas ! la présence de ces dames, femmes de militaires, un peu coincées mais faisant montre d'un aplomb !! a cassé un peu l’ambiance plutôt chaude. Comme je l’avais déjà remarqué en classe les ados très expansifs dans la création et l’expression orale sont très timorés corporellement. Il faut dire que certaines mères ou grandes sœurs présentes ,font asseoir les filles qui commencent à bouger ! une bonne soirée cependant ; heureusement qu’il y a le centre culturel !
Pour les projets de sorties tourisme sur le WK nous nous regroupons avec les jeunes collègues et infirmières .Je vais donc partir avec cette troupe pleine d'enthousiasme . C’est plutôt sympa ! quitter un peu la ville pour une nuit dans l’intérieur au frais, puis Tadjoura, le tout en taxi brousse bringuebalant !; je m'inquiète un peu pour mes lombaires mais la curiosité est trop forte .
En ce début de vacances il flotte un petit air de blues : la fatigue , et un peu de nostalgie sans doute, chez certains jeunes collègues . Alors on se remonte le moral autour d’un thé ; aprés la pédagogie , les jeunes sont demandeurs en la matière car peu expérimentés ,on discute fringues , petits achats , etc.….et moi je regarde souvent mes photos sur l’ordi .
Les nouvelles de la région ne sont pas optimistes :nous nous en doutions ,car il nous faut traverser un déploiement impressionnant de chars pour nous rendre au collège avec contrôle des papiers à
chaque fois . On protège les ambassades et en particulier l’ambassade d’Ethiopie. Des attentats ont fait 60 morts au sud à la frontière Ethiopie , Somalie,les hélico ont amené les blessés à
l'hôpital militaire ; depuis deux jours c’est entre l’Erythrée et Djibout au nord que les échauffourées ont commencé .
Suite N° 10 Le 28 10 2008
Quelques remarques sur Djibouti après une soirée cinéma au centre culturel : c’est le seul endroit ou il se passe quelque chose. Film « Toutsi », bien et de circonstance, un film qui
donne quelque espoir. En attendant la projection j’ai assisté en plein air à une répétition théâtrale d’un texte contemporain sur les relations Hommes –Femmes : un texte fort ou l’on aborde
la sexualité des femmes !! il faut savoir que les filles ici sont excisées et infibulées. A la pouponnière on peut le constater parfois quand on change les bébés.
Une petite Malika est entrain de dépérir, après hospitalisation. Sans doute le sida ? Quand ces petits orphelins meurent ,malgré les soins prodigués ils sont emportés à
l’hôpital de l’autre côté de la rue …. Personne ne les réclame, pas même une prière, ni un instant de recueillement…. C’est l’incinérateur.
Djibouti est une ville sale ou les odeurs sucrées de fruits au marché se mélangent à des odeurs pestilentielles à vous donner la nausée. Si vous ne faites pas attention ,le soir sur les
trottoirs vous pouvez marcher sur un djiboutien endormi sur son carton et ils sont légion à dormir dehors. A croire que les femmes les mettent dehors ! Elles sont belles ces femmes et ont un goût
inné pour assortir leur long châle léger, à leur longue robe colorée. Dans le bus on a le loisir de les côtoyer, elles ne demandent qu’à se serrer contre vous, à caresser votre peau blanche et à
vous mettre en garde contre les arnaqueurs. Les adolescentes semblent adorer leurs mères qui pourtant sont les premières porteuses de ces traditions ancestrales et les perpétuent. Quand je
lis les textes écrits par ces adolescentes qui rêvent d ‘amour, de paradis, c’est normal, leurs espoirs risquent d’être bien bafoués !!
Le retour à la mission se fait évidemment par le beau quartier diplomatique ou les superbes maisons sont gardées jour et nuit par des Djiboutiens ou des Ethiopiens toujours couchés sur
leur carton. Quel contraste ! La corruption est le lot quotidien et les aides ne vont sûrement là où l’on croit !
Suite N° 10 27 10 2008 Tadjourah , la blanche !
La plage de Tadjourah ....(mais il est vrai que de loin cette petite ville apparaît dans toute sa blancheur )
Un début de semaine laborieux, les élèves sentent les vacances et pour nous la fatigue due au manque de sommeil ( les nuits sont quand même très chaudes) s’accumule. Il faut penser déjà
aux billets de retour avion et TGV car ce sera période avant les fêtes de Noel
Deux collègues vont aller passer les vacances de Toussaint en Ethiopie qui semble attirer beaucoup mais les visas sont difficiles à négocier. Je vais d’abord essayer de découvrir avec une
autre collègue de AGIR, Tadjourah, Randa. mais pas de moyen de communications sûrs ! avec le bus on risque de rester en rade ( prévoir de l’eau). La solution consisterait à louer un 4/4 mais je
ne nous vois pas tenter cette aventure à deux nanas. L’équipe de jeunes est sympa mais ils attendent leur chèque de fin octobre ;bref le projet avance pour deux jours et le reste du temps j’en
profiterai pour faire des photos tranquillement dans Djibouti. Les nouvelles « politiques » sont un peu sombres ??? L’Erythrée menace de lancer une attaque contre Djibouti comme en juin dernier.
Inch Allah !
J’ai eu mamy au tél : pas remontant !
Ici des gens meurent dans la rue ! un instit a ramené un gamin de 11ans environ évanoui dans la rue : il a sans doute quitté l’Ethiopie, sans papiers, s’est fait ramassé et jeté en prison
pendant 3j sans manger avant d’être rejeté à la rue. Difficile d’en savoir davantage car il parle le … ??? On le garde momentanément à la mission il fait du gardiennage et se jette à notre cou
chaque fois que nous passons, avec un sourire radieux ! C’est la tradition à partir de cet âge, on met les garçons dehors pour qu’ils se débrouillent : c’est une bouche de moins à nourrir
pour la famille : à méditer !!
Et encore une St Valentin sans .... un "je t'aime "...
Pour tous ceux qui s'aiment ces roses de Tackent ( Ouzbekistan) des vraies !
photographiées dans la rue ...il faisait bien moins froid qu'ici !
Suite N° 9 l'île Mucha
Le 25 10 2008
Hier, vendredi, jour de congé ici, fut une belle journée organisée par l ‘équipe de jeunes enseignants et infirmières qui logent à la mission et « en ville »Nous sommes partis en
bateau
vers l’île Moucha, à une heure de bateau à moteur.quelle équipée ! un bus pour rejoindre le port avec tout le pique-nique, puis embarquement, nous étions une dizaine avec le pied plus ou
moins marin ! photos de belles pêches sur le port : des thons, des dorades royales. Il faut attendre, parlementer …dans ce port ou se côtoient petits bateaux de pêche et gros bateaux militaires;
émotion quand le moteur de 75CV semble ne pas vouloir démarrer ! passage par la gendarmerie pour contrôle « bidon » une liste écrite au crayon papier sur une vague feuille volante !! et vroum
vroum! c’est parti pour une petite heure : bonheur d’être en mer et curiosité à l’approche de cette île Moucha. Le débarquement prés du rivage ne manque pas de piquant : tout le monde se
trempe jusqu’au ventre avec les sacs sur la tête , mais l’eau est à 28 ou 30°. Sable blanc, mangrove ...enfin trempette dans la Mer Rouge ! c’est le bonheur et toutes les fatigues
disparaissent. Très vite il faut se réfugier à l’ombre des palétuviers mais l’envie de découvrir les petites criques et cette mangrove insolite m’entraîne à marcher sur la plage et à pénétrerun
peu dans l'intérieur de l'île .La prudence impose de ne pas s’aventurer trop loin dans la mangrove car dans ces eaux stagnantes des serpents venimeux se dissimulent.Le paysage est
impressionnant, photos, photos. Après un pique-nique frugal, la sieste sous les palétuviers et je chante « sous les pale, sous les paletu…. » Il semble que l’on vienne en famille facilement
sur cette île, du moins ceux qui ont un bateau : un bazar ! bivouac, barbecue, et personnel pour assurer les pbs matériels mais c’est plutôt sympa ; Le retour se fait vers 17h30 et le vent s’est
levé ; conclusion notre captain Momo s’en donne à cœur joie pour nous procurer quelques émotions et nous mouiller : je me régale ! Le soleil disparaît doucement, voilé, et ces énormes cargos vus
de loin jusqu’à maintenant, prennent vie avec leurs feux de mouillage. Pour le retour à la mission il faut négocier 2 taxis : ça marchande fort !! Une saine fatigue me plonge dans un bien doux
repos et je pense à mes collègues qui sont en vacances de Toussaint en France : ceux qui vont faire la corvée des cimetières, et ceux qui partent comme JB et ANNIE pour la Tunisie.Un petit
diaporama pour s’endormir avec les miens après cette belle journée .
Mais qu'est-ce qu'ils font ?
Suite N° 8 Le 22 10 2012
Journée bien remplie avec 18 heures de cours et ce soir entrevues avec des parents d’élèves. Comme ailleurs mais plus encore, certains ne se sentent pas concernés, ne daignent pas se
déranger, et les enfants conduits au collège en taxi mentent effrontément. Leurs contacts avec des adultes sont la plupart du temps ceux qu’ils ont avec des nounous ou des « bonnes »
D’autres ,les plus démunis, les mamans souvent, au contraire espèrent beaucoup de l’école…..bon il faut se préserver et canaliser son énergie pour les urgences ! La direction m’a demandé de
rester après Noël…car il n’y a personne pour me remplacer, même chose pour la collègue des classes de 3ème ; mais mon refus est catégorique car j’ai d’autres projets et je tiens à revoir les
miens.
Notre sortie dans les îles se présente bien , pour vendredi. Ce soir sur un fond de brisants au loin, quelques spécimens d’oiseaux pêchent prés du rivage, hérons blancs, ibis, grues,
genre d’avocettes. Les photos au travers du grillage et des barbelés sont un peu tristes alors on attendra ….